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Tuesday, April 25, 2023

LETTRE OUVERTE À THOMAS DELTOMBE

 Monsieur Deltombe, 

    j'ai sous les yeux deux articles de votre inspiration, publiés respectivement sur les sites de mondeafrique et afriqueXXI, à l'occasion du décès, survenu le 18 juillet 2022, de mon oncle le journaliste, éditeur et ancien sénateur de la république française, Pierre Biarnès. Le premier s'intitule: "Pierre Biarnès décédé en juillet: le "Bob Denard" du "Monde" en Afrique", le second "Pierre Biarnès ou les égouts du journalisme françafricain". Tous les deux reprennent un encart que vous avez publié dans le livre «Françafrique: l’empire qui ne veut pas mourir».

   À la lecture attentive de ces textes je ne peux que constater, comme quiconque soucieux de rigueur intellectuelle et d'éthique journalistique, à quel point leur contenu entre en contradiction flagrante avec le premier paragraphe de la Charte de Déontologie de votre site afrique XXI qui affirme: "...Sa vocation première est, à travers le travail de ses journalistes et d'autres contributeurs, de délivrer à ses lecteurs une information de qualité, équilibrée, vérifiée et digne de confiance." Si vous êtes un honnête professionnel, conscient de la portée de ses actes, chose que je ne peux que présupposer, vous serez bien obligé de reconnaître que mon appréciation est tout à fait justifiée. 

   Néanmoins il me semble convenant d'exposer sommairement de quelle manière la qualité, l'équilibre et la véracité font cruellement défaut à l'information que vos textes apportent sur l'activité de votre collègue Pierre Biarnès. Dans un premier temps, force est de constater que vous ne faites référence qu'à un seul de ses nombreux ouvrages, le livre "Si tu vois le margouillat", publié en 2007 par les éditions L'Harmattan, à la veille de sa retraite survenue en 2008. Sans aucun doute il s'agit bien d'un livre singulier où Pierre Biarnès s'offre le plaisir, pour ponctuer son récit, d'utiliser parfois dans toute sa crudité, le langage grivois qui imprégnait profondément la culture des élites françafricaines de l'époque post et néocoloniale. Cependant il est choquant de constater que ce sont ces brèves notes autobiographiques, placées en introduction des divers chapitres, tout au plus deux douzaines de phrases au sein d'un ouvrage de 300 pages, qui retiennent l'essentiel de vos commentaires. Voila sans doute une méthode utile pour justifier ce terme de votre cru "égouts du journalisme françafricain", mais qui laisse beaucoup à désirer comme compte rendu d'un livre que vous qualifiez d'autre part de "…à la fois informé, bourré d'inexactitudes et particulièrement graveleux." Il est évident que c'est ce dernier aspect qu'il vous plaît de retenir. Rien n'est dit en effet du caractère "informé", pourtant essentiel, de l’ouvrage ni de ses prétendues "inexactitudes". Vous conviendrez avec moi que construire votre récit et l'exposé de vos commentaires exclusivement sur la base d'une infime portion, strictement anecdotique, de ce livre, ce n'est certainement pas offrir "une information de qualité, équilibrée, vérifiée et digne de confiance" du travail de Pierre Biarnès au cours de ses années africaines. 

  Car, pour en venir à un point essentiel de son parcours professionnel, il me semble important de signaler que c'est dans son activité d'éditeur que se concentre son labeur principal. Là encore, il est surprenant de constater que si bien vous citez la Société Africaine d'Édition, nommant les collaborations de Philippe et Paulette Decraene (future secrétaire particulière de François Mitterrand) ou encore de Monique, la femme de Pierre, ainsi que le titre des principales revues publiées: l'hebdomadaire "Le moniteur africain du commerce et de l'industrie", le mensuel "Le mois en Afrique: Revue française d’études politiques africaines", puis le bimestriel "L'Afrique littéraire et artistique" (oubliant entre autres la "Revue française d’études politiques et méditerranéennes" et la longue série de livres qui font le bilan économique et politique de l’année écoulée, pays par pays), vous ne dites rien de la qualité incontestable du contenu informatif de toutes ces publications. 

  Un autre aspect de la question, que vous abordez également, concerne le versant économique de la SAE, une initiative éditoriale courageuse et éminemment culturelle qui aboutira, au fil des ans, en une faillite en toute règle. À ce propos, il est tout de même notable qu'un homme que vous décrivez comme étant "...à tu et à toi avec les présidents africains" et que vous accusez de "...fricoter avec les potentats et les services français", non seulement n'ai pas eu l'habilité de se faire, comme tant d'autres, une petite fortune sinon qu'il quittera l'Afrique couvert de dettes ; dettes qu’il mettra un point d’honneur à rembourser intégralement sur son salaire de sénateur. 

   À ce sujet, particulièrement significative est l'accusation que vous portez sur sa relation avec le président Mobutu et son ambassadeur à Paris. On peut lire sous votre plume : "Sa société d'édition profite par exemple des largesses de l'ambassadeur du Zaïre à Paris qui ponctionne quelques grosses coupures dans ses "énormes valises bourrée de billets" pour régler les factures impayées. Une faveur qui explique peut être l'onctuosité avec laquelle il dépeint l'autocrate zaïrois, "un homme très intelligent" qui a réussi la prouesse de "rétablir l'ordre" dans l'ex-Congo belge". Sans nous détenir à considérer pourquoi vous parlez de "largesses" et vous qualifiez de "faveur" le fait de se faire payer une facture, parler d'onctuosité à l'égard de Mobutu ne fait que révéler que vous vous êtes contenté de survoler, au-delà des 20 premières pages, le chapitre consacré au Zaïre dans le livre de référence.

  Même si la page 13 débute par la menace lancée par Mobutu: "Alors Biarnès, tu m'insultes!" et le journaliste, connaissant très bien le personnage, raconte ensuite combien il craint pour sa vie pendant les 48 heures suivantes, vous parlez sans motif plausible d'onctuosité! Plus loin, après avoir décrit minutieusement la longue série d'assassinats, en particulier celui de Patrice Lumumba, qui jalonne l'arrivée au pouvoir de Mobutu, Pierre Biarnès le définit tout simplement (page 46) comme un homme qui "...ne manque ni d'intelligence ni de caractère et il est sans scrupules". Là encore le récit extrêmement précis, objectif, documenté et rigoureux n'abrite pas le moindre signe d'allégeance et moins encore d'onctuosité. À savoir pourquoi vous en faites et livrez à vos lecteurs une interprétation si différente ! 

  Puis, il est inévitable de s'attarder un peu sur quelques-unes de vos phrases les plus choquantes: Pierre Biarnès, dites vous, est"... celui qui se vantait dans un style graveleux de fréquenter "les bars à putes"... "Mais y avait-il en Afrique un bar qui ne soit pas un bar à putes ?" s'interroge le journaliste en s'amusant de la facilité avec laquelle il s'attire les faveurs des jeunes africaines." À nouveau l'interprétation que vous donnez des textes que vous avez pu lire ne brille ni par la rigueur informative, ni par la connaissance et donc la compréhension des situations évoquées. Qui peut douter en effet que l'immense majorité, voire la totalité, des bars africains de l'époque, fréquentés par les étrangers, étaient des lieux qui comptaient avec la présence assidue de quelques prostituées? Qui peut douter que nombre de celles-ci se contentaient souvent d'une rétribution très modeste de leurs services? Cette réalité incontestable, exposée sur un ton désinvolte, illustrée par des anecdotes croustillantes et véridiques, débouche sur un jugement moral qui vous amène à écrire que Pierre Biarnès étale "... ad nauseam ses obsessions libidineuses". C'est, vous en conviendrez, une interprétation bien simpliste, qui frôle la diffamation, voire la calomnie.

   Mais c'est un sujet qui semble vous passionner. Donnant pour établi que Pierre Biarnès est un accro des maisons closes, vous mettez en avant ses relations avec les propriétaires de l'établissement le plus renommé du Dakar de l'époque, le Chez-Vous... Il n'est pas difficile d'imaginer qu'une personne de votre génération, qui a grandi avec internet et travaille le plus souvent avec un ordinateur branché sur le net, ai du mal à comprendre que, dans les années 60-70, c'est précisément dans ces lieux malfamés, publics ou privés, fréquentés par les élites françafricaines, qu'un journaliste pouvait recevoir les confidences et obtenir les informations extra-officielles que tout bon professionnel se doit de pourchasser et de recueillir. D’autre part, il semble également logique qu'il procure d'entretenir d'étroites relations avec les divers services de renseignements, pour la même raison; après tout, journalistes et agents du SDECE poursuivent professionnellement la même "matière première", à savoir: l'information! 

    Évidemment, et sans doute heureusement, les temps ont changé. Comme vous dites, "Si tu vois le margouillat" "...donne un aperçu saisissant des mœurs journalistiques françafricaines dans les années 1960-1970". Mais cependant vous ne semblez pas vouloir comprendre que ces mœurs, particulièrement saisissantes, sont imputables aux circonstances sociopolitiques de l'époque et non pas à la dépravation supposée des journalistes, concrètement, dans le cas qui nous occupe, du journaliste et éditeur Pierre Biarnès. 

   Il convient maintenant de commenter la phrase de Mongo Beti : "Philippe Decraene et Pierre Biarnès furent en quelque sorte les Bob Denard de la rotative". Il me semble que la comparaison n'est pas le fruit d'une des inspirations les plus heureuses de la part de l'écrivain camerounais. Bob Denard était un mercenaire, un assassin farouchement anticommuniste, au service des secteurs les plus réactionnaires des puissances colonialistes. Pierre Biarnès, en revanche, a toujours été un sympathisant des idéaux communistes et un militant de l'humanisme franc-maçon, qui n'a jamais tué personne. Quoi que vous en pensiez, il était un défenseur sincère des velléités indépendantistes des peuples africains, sans jamais perdre de vue, pour autant, les profondes réalités géopolitiques qui ont sous-tendus tous les processus d'indépendance et qui l'amenèrent à les analyser d'un point de vue extrêmement lucide et foncièrement pragmatique. Cela lui a valu l'incompréhension durable, voire l'animosité générale, de la part de tous les courants idéalistes de la gauche universelle. Lui même s’en étonne à la page 188 de "Si tu vois le margouillat": "On me prenait pour un réactionnaire néocolonial, même au Monde"... Il semble, de toute évidence, que c'est dans ce cadre qu'il convient de placer les deux textes que vous avez publiés. 

    On ne peut non plus oublier que ces textes se posent en réponse à la note nécrologique publié par le Monde au lendemain de son décès. Vous dites: "Pierre Biarnès ne le cache pas, son statut de correspondant du Monde lui attire bien des sympathies" et de fait, beaucoup de gens, y compris probablement Mongo Beti, ne connaissent de lui d'autres textes que les articles publiés dans le quotidien parisien, ce qui peut les déterminer naturellement à assimiler sa pensée à la ligne éditoriale qui caractérise ce journal. Vous en conviendrez, cela peut vous attirer aussi bien, de fait et à part égales, de nombreuses antipathies ! Car, au bout du compte, quelle est la place de Le Monde au sein de Françafrique? En temps que collaborateur du Monde diplomatique, il serait intéressant de connaître votre opinion à ce sujet.

   Dans ce contexte, la position de Pierre Biarnès est plutôt délicate: d'une part tous les dirigeants le courtisent en espérant qu'il contribue à donner d'eux une image internationale positive, sous peine d'être soumis à l'ostracisme le plus sévère (Jean Bedel Bokassa en arrivera même à le condamner à mort et Omar Bongo promettra, quant à lui, de "lui couper les couilles"!); de l'autre, tous ses articles sont soumis à la révision et à la correction du comité de rédaction parisien qui se doit d'assurer une adéquation entre la ligne éditoriale et le contenu livré par le journaliste. Et cette correction, justifiée par l’espace disponible, est sans appel. Ce qui amène à Jean de la Guérivière, auteur de l'article du Monde, à écrire : "… il lui arrive souvent de prendre mal les coupes opérées dans ses longs envois...". Monsieur Deltombe, vous êtes un journaliste professionnel et vous devez savoir parfaitement ce que tout cela peut signifier ! 

   Ces circonstances professionnelles frustrantes, qui caractérisent sa relation avec le Monde, l'amènent à envisager définitivement, dés la fin des années 70, son entrée en politique. Celle-ci s'accompagne de la publication de ses premiers livres consacrés à l'Afrique. "L'Afrique aux africains" (1981) qui précède son élection au conseil général des français de l'étranger en 1982 et "Les Français en Afrique Noire de Richelieu à Mitterrand: 350 ans de présence française au sud du Sahara" (1987) peu avant son entrée au sénat. 

   Puis, quittant Dakar après son élection sénatoriale en 1989, ses ouvrages traiteront ensuite de géopolitique mondiale: "Le XXIe siècle ne sera pas américain" (1998), "Les États-Unis et le reste du monde : Les Chemins de la haine (Chroniques de la dernière décennie)" (2002), "Pour l'Empire du monde : Les Américains aux frontières de la Russie et de la Chine" (2003), "La Route de la Soie : Une histoire géopolitique" (2008). "La fin des cacahuètes" (2005) et "Si tu vois le margouillat" (2007) seront deux exceptions, ponctuées de notes autobiographiques nostalgiques et désinhibées, rédigées aux portes d'une retraite douloureusement marquée par les symptômes de la maladie de Parkinson. 

   Je ne peux donc que vous recommander une lecture sereine, libre de préjugés et d'aprioris, de tous ces ouvrages. Vous serez alors peut-être en mesure d'offrir véritablement à vos lecteurs, une information "de qualité, équilibrée, vérifiée et digne de confiance", au sujet de votre illustre collègue. Car si, selon vous, l'article de Jean de la Guérivière "… ignore opportunément la part d'ombre " de Pierre Biarnès, force est de constater que les vôtres, lamentablement, laissent dans l'ombre l'essentiel de son œuvre. Même si vous ne partagez ni les opinions, ni les analyses, ni le sens de l’humour, ni les conceptions morales qui peuvent dériver des paroles et des comportements d'un collègue, comme vous journaliste et éditeur, cela ne vous autorise pas pour autant à renoncer à une approche rigoureuse, contextualisée, de sa vie et de son œuvre, dans le cadre d'une rubrique nécrologique. 

    C'est pourquoi je vous demande de faire en sorte que cette Lettre ouverte, qui assurément s'ajuste parfaitement aux principes de votre Charte déontologique, puisse servir à rectifier, auprès de vos lecteurs, les affirmations que vous avez publiées à la mort de mon oncle. J’en appelle donc à un Droit de réponse auprès des sites qui ont publié vos écrits. Un passage à l'acte dans ce sens de votre part sera une belle démonstration de votre talent professionnel et contribuera également à soulager, en partie, la désagréable tristesse que vos mots ont procurée à tous ceux qui ont eu le bonheur de connaître et d'apprécier la profonde humanité de Pierre Biarnès.

 Cordialement, 

Vincent Jean Marie Biarnès

Saturday, January 5, 2019

YASUMASA TOSHIMA - carta abierta a MISAKI ABE

Exposición de Toshima en Salamanca


Misaki Abe en Salamanca
CARTA ABIERTA 

de Vincent J.M. Biarnès
presidente de la asociación
Taller de Arte Vimaambi
a la señorita MISAKI ABE
cuidadora del museo conmemorativo
YASUMASA TOSHIMA


Granada a 28 / 12 / 2018

Estimada señorita Misaki Abe,

desde el Taller de Arte Vimaambi queremos felicitarla por la feliz iniciativa de organizar en la pasada primavera la primera exposición en España de la obra de nuestro amigo Yasumasa Toshima, en Salamanca, en honor a Miguel de Unamuno.
Supongo que para usted ha sido una gran alegría volver a pisar el suelo de España después de 18 años de ausencia y lamento profundamente que no me haya avisado Usted de su viaje, perdiendo así la oportunidad de conocernos en persona, tras años de contactos telefónicos y vía e-mails.


Homenaje a Toshima en Taller de Arte Vimaambi
Cierto es que ya resulta evidente que debe Usted de estar obedeciendo una orden estricta de su jefe, el señor Shigyo, exigiéndole cortar toda colaboración con nuestro Taller de Arte Vimaambi; solo así se puede explicar que Usted haya dejado repentinamente, en los últimos meses, de contestar a mis correos, ignorando todos y cada unos de mis requerimientos y haciendo gala de una descortesía inusual a lo largo de estos 10 últimos años. 
Esta chocante e inédita actitud tiene sin duda una explicación derivada de la psicología de su jefe, bastante fácil de analizar y que concuerda perfectamente con lo que Yasumasa Toshima me comentó acerca de la primera impresión que tuvo de él: “… es como un niño grande.”
Shigyo Sosyu
Intuyo que esta nueva actitud está directamente relacionada con los repetidos desmentidos que me he visto obligado a formular respecto a algunos aspectos de la imagen e idea de Toshima que este señor está publicando y pregonando a través de las actividades de la Galería Conmemorativa. 
Creo que, en particular, le molesta sobremanera el acento puesto sobre la relación que Toshima mantuvo durante mas de 40 años con el galerista señor Tanaka, persona con la que el señor Shigyo anda muy enemistado en la actualidad, razón por la cual nunca menciona esta relación e incluso procura por todos los medios ocultarla.

Tanaka y Toshima
Sé que uno de los motivos principales de la disputa radica en el hecho de que el señor Tanaka posee muchas obras de Toshima y que las ofrece en el mercado a un precio inferior al que el señor Shigyo pide por los cuadros que son de su propiedad. Una disputa que resulta bastante irónica, teniendo en cuenta que Toshima siempre se quejó del precio demasiado elevado que el tal señor Tanaka solía pedir a los clientes que él le enviaba.

En cualquier caso, estoy seguro que esta situación, que es en mi opinión muy reveladora de ese carácter infantil del señor Shigyo (solo un niño puede pensar que ignorando y escondiendo una realidad, la hará desaparecer), hubiera divertido mucho a nuestro querido amigo Toshima. Creo que la asimilaría sin duda a la disputa que surgió entre Christine Eon y Eve Livet para gozar en exclusiva de sus favores y que él resolvió entre risas, con la siguiente frase: “¡Me quedo con la primera que me dará un hijo!”.
Al día de hoy perdura la profunda enemistad entre Christine y Eve así que supongo que seguirán igual Shigyo y Tanaka y, francamente, a mí y a todos los amigos de Toshima estas disputas no nos importan ni lo más mínimo.

Sin embargo lo que si nos importa, y MUCHO, es que el mundo tenga una imagen de Toshima que corresponda EXACTAMENTE con lo que ha sido verdaderamente su vida, su obra y su pensamiento.
Misaki Abe en la radio de Castilla-León
En su entrevista con la radio de la universidad de Salamanca, Usted, Misaki, sigue repitiendo que a lo largo de su vida, Toshima no quiso vender su obra dando razones un tanto peregrinas para justificar esta supuesta decisión. Usted debe de saber perfectamente - se lo comenté varias veces - que lo que está Usted diciendo no es cierto, que es una mentira en toda regla.
Acaso puede Usted contestar a estas preguntas:
¿Si Toshima no querría vender su obra, de donde ha sacado el señor Tanaka los cuadros que tiene? ¿Acaso no se los compró? Su mismo jefe ¿No contactó por primera vez con Toshima a través del señor Tanaka? ¿Conoce Usted el catálogo que el señor Tanaka publicó en 2007 en homenaje a Toshima?

Usted miente porque como buena empleada que no quiere perder su empleo se limita a repetir y acatar lo que le ordena su jefe. Es comprensible su actitud pero tiene Usted que estar consciente de que daña irremediablemente la auténtica imagen de Toshima. Porque además, al negar esta relación entre Toshima y Tanaka se ven Ustedes obligados a afirmar que él se mantenía económicamente en España gracias a la generosidad de su mujer Etsuko y esto es OTRA MENTIRA que, estoy seguro, NO LE HUBIERA GUSTADO NADA a Toshima. Él tenía mucho amor propio y nunca hubiera aceptado vivir y trabajar a costa de su mujer, como sin embargo se afirma vergonzosamente que vivió en el documental de NHK.TV. Si bien es cierto que Etsuko, siempre muy enamorada de él, le ayudará cuando fuese necesario, Toshima nunca abusó de su generosidad y procuró siempre sobrevivir exclusivamente con la mensualidad que le abonaba el señor Tanaka, a cambio de su trabajo. Por tanto NO TIENEN USTEDES NINGÚN DERECHO A DAR A ENTENDER LO CONTRARIO por un simple conflicto de intereses entre mercaderes de Arte.

Este asunto nos remite también a otro tema importante sobre el que la Galería Conmemorativa nunca incide y que tiene que ver con LAS RAZONES que empujaron Toshima a abandonar Japón y a llevar la vida austera que tuvo a lo largo de los casi 30 años que pasó en España. 

Yukio Mishima
Sin dudas son varias las razones que determinaron nuestro amigo a abandonar su país natal. En el documental de la NHK se menciona únicamente el impacto causado por el suicidio del escritor Yukio Mishima, artista que admiraba y cuya muerte le afectó profundamente. Es cierto, pero conviene matizar que Toshima no compartía la ideología de Mishima respecto al militarismo y a la figura del emperador que él no dudaba en calificar de vulgar asesino. Lo que sí compartía con el escritor era una dura crítica hacia el nuevo orden socio-político impuesto a Japón por el vencedor norteamericano, aunque siempre desde una perspectiva más bien afín al pensamiento marxista e internacionalista y no, como Mishima, desde un nacionalismo exacerbado y una añoranza de la sociedad del antiguo régimen.

Si la muerte de Mishima, que presagiaba un callejón sin salida para los artistas de su generación y fue, digamos, una razón intelectual, hubo también otras razones. Una de ellas fue de carácter laboral ya que surgieron unas serias discrepancias con la dirección de la escuela Musashino, donde estudió y donde ejercía la enseñanza como profesor asistente de escultura. Ya no se sentía feliz dando clase y sobre todo sentía que necesitaba emplear toda su energía para crear su obra, dedicarse exclusivamente a ella, cosa que la enseñanza no le permitía.

Otra razón de peso y sin duda de las más decisivas fue de carácter familiar y es su hija Nao, aquejada de una lesión cerebral que le causó un error médico cometido al poco de nacer. Nao, que compartió la vida de su padre durante toda su estancia en Granada, no aparece para nada en el documental de NHK, un hecho que ha sorprendido sobremanera a todos los que conocieron Toshima en Granada, ya que iban casi siempre juntos por la calle. Toshima no podía aceptar el destino inevitable que aguardaba a su hija si permanecía en Japón: el internamiento en un centro especializado. Él querría que tuviera la oportunidad de llevar una vida en libertad y por eso resolvió salir de Japón con ella. Por tanto al ocultar estos hechos, por estar todavía considerada en la sociedad japonesa actual la existencia de su hija discapacitada como una peculiar “deshonra familiar”, están Ustedes dando crédito a una actitud que el propio Toshima consideraba como absolutamente inadmisible. Nao fue una de las razones más importante en la vida de Toshima que lo empujara a abandonar Japón y establecerse en España.

Retrato de NAO por TOSHIMA

En resumidas cuentas, considero de interés incidir un poco más sobre estas razones aquí brevemente expuestas, que fueron las que llevaron nuestro amigo Toshima a abandonar Japón. Estas tienen tanto interés para conocer mejor a Toshima, como las razones que lo determinaron a elegir Andalucía para su exilio: su fascinación por los pintores del barroco español, el espíritu abierto y acogedor del pueblo andaluz o el especial momento histórico que supuso el final de la dictadura del general Franco.
Creo, Misaki, que conviene que Usted y su jefe tengan en cuenta esta realidad si realmente, como pretenden, quieren “… dar a conocer a Toshima como persona”.
Evidentemente, dado las actuales circunstancias en las que Usted ha dejado de contestar a mis palabras, no espero contestación de su parte a esta carta.
Si confío sin embargo en que Usted la leerá y que quizás sirva para que la Galería Conmemorativa Yasumasa Toshima vaya divulgando en el futuro una imagen de Toshima más acorde con la realidad de su vida y de su pensamiento.
Y este es, créame, el único fin que mis palabras persiguen.
Atentamente,
Vincent J.M. Biarnès

Friday, November 2, 2018

YASUMASA TOSHIMA - carta abierta a SHIGYO SOSYU



CARTA ABIERTA 

de Vincent J.M. Biarnès
presidente de la asociación
Taller de Arte Vimaambi
al señor SHIGYO SOSYU
director del museo conmemorativo
YASUMASA TOSHIMA

(Granada a 22 /10 / 2016) 


Estimado señor Shigyo Sosyu



después de muchos años de contactos por intermediación de sus sucesivos colaboradores y empleados: doña Yumiko Fusegui, don Kentaro Shinzawa y doña Misaki Abe, siento la necesidad de escribirle personalmente para agradecerle de todo corazón, su esplendida generosidad, tanto con el legado artístico de nuestro común amigo Yasumasa Toshima como conmigo mismo y mi difunta compañera Ángela (MAAM).



   Desde el año 2009 he podido seguir paso a paso su dedicación exquisita a la conservación y a la divulgación de la obra de Toshima, lo que me ha ido procurando mucha alegría. Esto también me ha permitido ir conociéndole poco a poco, por sus acciones y palabras escritas. Ahora puedo hacerme una idea bastante clara de la relación de amistad que Usted trabó con Toshima a lo largo de los 3 últimos años de su vida.



   Oímos hablar de Usted por vez primera cuando Toshima nos contó, en junio de 2003, como se puso Usted en contacto con él para pedirle que le retratara. Acostumbrado a elegir sus modelos entre la gente de la calle, fue para él una grata sorpresa que, de pronto, un aspirante a modelo le contratara y lo hiciera poniendo a su disposición un taller por un periodo de 4 años, corriendo con todos los gastos. Le encantaba esta nueva situación que suponía un cambio radical en su vida aunque, por su parte me aseguró que él “no cambiaba en nada”. Me describió a Usted como una persona seria, muy inteligente, dotada de un carácter muy fuerte, ordenado y muy trabajador aunque matizó que era también como “un niño grande” y que él era para Usted como un “nuevo juguete”. Le gustaba sobre todo la posibilidad de volver a trabajar la escultura, una disciplina que enseñó y que tenía prácticamente abandonada durante su larga estancia en España.

La última vez que hablé con él, en julio de 2005, me dijo que estaba muy satisfecho de trabajar para Usted y que había conseguido establecer una amistad basada en el respecto y la admiración reciproca.



   Después de su muerte, comenzó una relación con Usted a través de los correos y llamadas telefónicas de sus sucesivos colaboradores, Yumiko, Kentaro, Misaki. También me habló de Usted Seyoung Chung, con el motivo de la publicación del libro “TOSHIMA” de la editorial Suryusanbang, y me contó su interés en que se fuera publicando material sobre Toshima fuera de Japón. En este libro leí su primer texto sobre Toshima: “Lo negro es blanco”, que empezaba por la frase “Nunca conocí una persona tan divertida”. Es un texto lleno de sinceridad y cariño donde Usted destaca la libertad, la autenticidad y el carácter alegre y sencillo de nuestro amigo. Sus palabras están también llenas de esta “inocencia” que Usted le atribuye y que él vio en Usted cuando le calificó de “niño grande”.




   Ángela y yo seguimos con entusiasmo los pasos que dio Usted para divulgar su obra. La creación de la Galería Conmemorativa después de su acuerdo con su hijo Tom, ubicada primero en el piso donde vivió su encantadora esposa Etsuko, y luego en el impresionante edificio que alberga ahora su colección de Arte. Con esta ocasión la señorita Misaki Abe nos hizo llegar un pequeño texto en forma de currículo suyo donde reza: “ (Shigyo Sosyu) Tiene profundos conocimientos en literatura, música y arte, coleccionando las obras desde el punto de vista de su estética original. En la actualidad dirige el departamento de arte de su compañía y es el primer director del museo conmemorativo de Yasumasa Toshima, que guarda su colección personal de obras de arte y gran parte de la obra de este gran pintor Yasumasa Toshima del que fue mecenas y al que le unía una gran amistad.”

   Aquel texto nos dejo un sentimiento ambiguo por revelar cierto deseo un tanto excesivo de querer “apoderarse” del legado artístico de nuestro amigo. Nuestra opinión es que Usted adquirió, y por tanto es dueño de la mayor parte de su obra, pero su legado artístico debe de ser patrimonio de toda la humanidad y eso depende exclusivamente de la imagen de su persona que se quiera hacer pública. Ángela, requerida por Misaki para revisar su traducción, quiso trasladarle sus impresiones pero su muerte repentina le impidió hacerlo.




   El siguiente hito importante fue sin duda la exposición del año pasado en la embajada de España, de la que me enteré por un comunicado de la agencia EFE.

   En esta ocasión mi alegría se vio un tanto empañada por una frase incomprensible, en la que se afirmaba que Toshima “… se identificó tanto con la cultura española que se convirtió al catolicismo…” (¿?). Enseguida le comuniqué a Misaki que esta afirmación no era cierta en absoluto y era una mentira en toda regla. Pasado unos días Misaki me contestó, por teléfono, que se trataba de un malentendido debido a dificultades de comunicación con el personal de la embajada. Sin embargo, en el catalogo de la exposición, que tan gentilmente me ha hecho Usted llegar por intermediario del director del documental de la NHK TV, el señor Kadoya, vuelve a aparecer, en su boca (página 25), una frase incomprensible: “… es por eso que también iba muchas veces a misa.” (¿?) Falso; rotundamente falso. Que yo sepa la única misa a la que él asistió mientras estuvo en España fue la de la boda de Tom que se celebró en el templo de la iglesia evangelista de Granada y no, como afirma el señor Herrera Amigo, en una iglesia católica.

   Hay en este catálogo mucha información y muchos elementos que permiten conocer sus opiniones respecto a diversos aspectos relacionados con Toshima y que revelan claramente que hay cosas importantes, de su Arte y su persona, que Usted todavía no sabe o no comprende.

   En su charla con el señor Herrera, Usted afirma con rotundidad que asume como una misión personal encargarse de la difusión de la obra de Toshima y de dar a conocer su persona.

  Efectivamente, como propietario de la mayoría de sus cuadros, es usted la única persona en el mundo capaz de lograr con éxito la difusión de su obra.

En cuanto al conocimiento de Toshima como persona, la opinión generalizada entre los amigos de Toshima en Europa, es que, en base a las informaciones de las que disponemos, Usted ignora o desconoce muchas cosas fundamentales respecto a él y está presentando públicamente una imagen suya que se aleja bastante, en algunos aspectos, de la realidad.

No tengo más remedio que decírselo con toda franqueza y con el mayor respecto.

   Es por eso que, si Usted me lo permite, quiero ayudarle a corregir algunas cosas que nos parecen, a todos, muy importantes y que atañen directamente a la realidad de Toshima como persona y como artista. Tenga Usted en cuenta que en sus diferentes manifestaciones públicas Usted aborda muchos temas que han sido objetos de largas horas de charla entre Toshima y sus amigos durante sus más de 25 años de estancia en España; sin embargo para no alargar demasiado esta carta me voy a ceñir a un par de aspectos, los que considero más importantes:


1/ Su relación con el cristianismo.

Es evidente que históricamente Europa es cristiana y cuando Toshima llegó a España, está era un estado confesional católico. Por otra parte, resulta que el artista y el sacerdote comparten “materia de trabajo” que es el espíritu humano, la espiritualidad del Ser humano. Para decirlo brevemente digamos que el artista procura “alimento espiritual a las personas” y en cambio el sacerdote pretende “administrar la espiritualidad de las personas”. Esto ha provocado a lo largo de los siglos que el artista, cuando ha abordado los temas importantes de su oficio, que son: su concepción del mundo, del origen del hombre y de la vida, lo que podemos llamar el misterio existencial, se ha visto sometido a la censura y al dictado del poder religioso. Muy poco artistas han logrado reconocimiento universal apartándose o enfrentándose a los dogmas de la iglesia. Y muchos lo han logrado “engañando” con inteligencia a las autoridades eclesiásticas de su tiempo. Por lo menos hasta el siglo XVIII, siglo de la ilustración y de la revolución francesa, cuando cambiaron muchas cosas y la “rebelión” anticlerical tomó cuerpo entre los artistas de una forma cada vez más evidente. No se equivoque: Toshima (como Goya por ejemplo), participaba de esta corriente “anticlerical” e ilustrada y no de los planteamientos del “gran relato cristiano” propios de todo artista creyente.

   El hecho de que la iglesia haya intentado monopolizar toda expresión artística de elevado contenido espiritual, no convierte el artista espiritual en seguidor obligado de la iglesia. La espiritualidad de Toshima es, como Usted advierte de pasada, tanto sintoísta como cristiana, porque sencillamente es UNIVERSAL y no atiende a ningún dogma religioso especifico. Para decirlo de alguna forma: su espiritualidad está mucho más allá de cualquier religión.

   Por eso, afirmaciones como su supuesta conversión al catolicismo o su asidua asistencia a misa chocan tanto con la realidad que me producen una profunda perplejidad. Llegado a este punto, y descartando mentiras intencionadas, ya que Toshima no pudo haberle dicho esto, ni a Usted ni a nadie, creo que debe de haberse producido un tremendo malentendido a partir de las fotos de la boda de Tom. Su hijo se casó en una iglesia protestante porque no podía hacerlo en una iglesia católica sin previamente bautizarse y hacerse católico. Al pensar que la iglesia era católica, el personal de la embajada, conocedor de las normas católicas, pudo lógicamente deducir que se había producida una conversión. Y si está conversión se hubiera realmente producido seria también lógico pensar que Toshima acudiera regularmente a misa. El caso es que se trata de una profunda y grave equivocación. Esto es muy importante porque estoy convencido de que nadie puede entender lo que significa la obra y la vida de Toshima si no tiene claro los fundamentos de su ideología, muy desligada de cualquier dogma o credo religioso y que por tanto no se debe de vincular a ningún tipo de iglesias.



2/ Realismo solitario. 

Como Usted reconoce en alguna parte, Toshima no era un ser solitario, no vivía solo sino con su hija Nao y durante unos 10 años, con Christine y su hija Eva. Casi todos los días acudía al mediodía al bar 22 donde hacia muchas amistades. Tampoco estaba solo en el Arte ya que compartía sus inquietudes artísticas con artistas residentes o de paso por Granada, y regularmente con mi compañera Ángela (MAAM) y yo mismo. No creó escuela, formalmente, pero si ayudó muy activamente a crear nuestro Taller de Arte Vimaambi y tuvo una influencia muy grande sobre todos los artistas que llegaron a conocerle. Simplemente no le interesaba en absoluto el mundo artístico institucional y jamás colaboró con alguna institución cultural, por mera convicción ideológica. Y, efectivamente, desde este mundo institucional, él de los” artistas reconocidos”, se considera que cualquier artista que no participa de sus círculos mundanos, es un ser solitario y un creador aislado. Pero esta opinión no es cierta; es una fantasía propia de personas que tienen tendencia a considerarse como “centro del mundo”. Es en definitivo, como diría el famoso pintor holandés Rembrandt: “pura vanidad”.

Por otra parte, Toshima no era una persona triste o que se recreaba en el sufrimiento o que pensaba que la vida se nutre de la tristeza, sino que era una persona alegre, amante de la vida, que usaba el vino para vencer su timidez, facilitar su comunicación con las personas y acercarse a las mujeres que tanto le apasionaban. Como escribe Usted mismo:”… era una persona muy divertida…”. Por tanto creo que se equivoca radicalmente cuando dice que su obra transmite sufrimiento o que su vida está basada en la tristeza y en la soledad. También se equivoca Usted cuando afirma, para reforzar su imagen de “solitario”, que él no quiso vender sus cuadros. Es falso; él querría vender sus obras, vivir de su trabajo como cualquier trabajador, y a veces, como todo el mundo, necesitaba dinero. Pero era hombre que cumplía con su palabra y tenía un acuerdo verbal con el galerista (creo que se llamaba Tanaka) que le abonaba una mensualidad a cambio de los cuadros que él le enviaba desde Granada. En su acuerdo con este señor, solo podía vender su obra a través de él y no podía exponer con la intención de poner en venta sus cuadros.

Así que Toshima enviaba posibles clientes al señor Tanaka y varias veces se quejó conmigo del precio elevado que este señor pedía por sus cuadros lo que dificultaba que las ventas llegarán a concretarse. “Este señor tiene muchos cuadros míos – me decía – y yo necesito dinero. Tiene que poner precios más razonables…”.

Es por todo eso que, a mi entender, la presentación de su obra bajo el epígrafe de “Realismo Solitario” no es muy acertado. Esta opinión la comparten aquí todos sus amigos. Creo modestamente que se entendería mucho mejor el Arte de Toshima refiriéndose a él como “Realismo Místico” porque lo que de verdad él intentaba pintar es: la realidad del misterio de la vida en el universo. El universo, el cosmos, está lleno de oscuridad, de materia oscura, y es la luz en movimiento que crea en él la vida, una vida que es ante todo belleza, generosidad y nobleza. Su concepción es totalmente científica, y muy alejada de cualquier concepto religioso. Su misticismo es pasión por investigar el misterio de la vida y su realismo parte de la realidad objetiva de la existencia de nuestro mundo con su naturaleza y su humanidad. Es fundamental que Usted entienda eso si quiere hablar con propiedad del Arte de Toshima. Por supuesto que admiraba a Velásquez, a Goya, a Zurbarán, al Greco y aprendió de ellos, pero ellos pintan este mundo y Toshima, es el primero pintor que pinta el universo o, si Usted prefiere, este mundo como lo que es: una parte diminuta del cosmos. Esto es la gran diferencia y el paso de gigante que Toshima da en la historia de la pintura. Cuando pinta a Manuel (y no Miguel como aparece en el catalogo), el pordiosero albaizinero, o cuando retrata a Shosyu, el magnate japonés, pinta un punto microscópico del universo, pinta “la nada que lo es todo”. Esta es la idea cardinal del Arte de Toshima. Si no se entiende esto, no se puede entender ni su vida ni su obra.

Podríamos desarrollar muchas cosas respecto a estos temas, quizás en otra ocasión.


Para terminar querría también mencionar algo que visiblemente Usted está tratando de disimular elegantemente, quizás por deferencia hacia Tom o por simple respecto hacia normas sociales muy arraigadas, que es la relación de Toshima con las mujeres. Él tuvo muchas amantes y, en España, dos compañeras principales, primero Christine Eon y luego, en menor medida, Eve Livet. Entiendo su postura y creo que efectivamente la vida privada de Toshima no tiene por qué ser objeto de excesiva publicidad porque solo le pertenece a él. Hay sin embargo algo en el resumen biográfico de Toshima que aparece al final del catálogo que me sorprende. No aparece ninguna mención sobre su primer matrimonio y el nacimiento de sus 2 hijas. Aunque él guardara un recuerdo bastante amargo de esta relación, creo que no es justo tratar de ocultarla porque se trata de un hecho importante en su vida y porque sus hijas se merecen también algún reconocimiento público.



Estimado señor Shigyo, creo que debo dar ya fin a esta larga carta, para no resultar demasiado pesado y cargar de trabajo a su diligente traductora Misaki Abe.

Espero, de corazón, que le resulten útil mis palabras y opiniones y que sirvan para ayudarle a realizar la misión que Usted se ha impuesto de divulgar la obra y la persona de Toshima.

Es una misión que personal y modestamente comparto con Usted, ya que nuestro común amigo es un destacado miembro fundador de nuestra asociación Taller de Arte Vimaambi, de la que soy el actual presidente, y que tiene por objeto fomentar y divulgar por todos los medios posibles la creación artística contemporánea, lo que nos gusta llamar: el nuevo Arte.

Por eso estoy a su entera disposición para lo que pueda Usted necesitar de mí y le renuevo mis más sinceros agradecimientos por su espléndida generosidad hacia mi persona.

Muchas gracias señor Shigyo y hasta pronto,

Atentamente,



Vincent J.M. Biarnès